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Deux cas confirmés en Espagne et en Ecosse : le virus A/H1N1 a traversé l´Atlantique. Le comité d´urgence du règlement sanitaire international de l´Organisation mondiale de la santé (OMS) a relevé l´alerte pandémique au niveau 4 (sur une échelle de 1 à 6). Toutefois, l´agence sanitaire juge encore possible d´éviter le déclenchement d´une pandémie et ne recommande à ce stade ni restriction des déplacements, ni fermeture des frontières.
En France, on compte désormais une vingtaine de cas suspects répartis sur le territoire, mais aucun n´a encore été confirmé. Les autorités sanitaires ont pourtant décidé de suivre les indications de l´OMS en activant la phase 4A du Plan national de pandémie grippale, avec une surveillance renforcée. Cette phase correspond à des « cas humains groupés sans circulation communautaire active », explique le Pr. Didier Houssin, directeur général de la santé (DGS), en soulignant que cette situation « pourrait ne pas durer. »
Ainsi, compte tenu de l´évolution rapide de la pandémie, « nous déconseillons fortement les voyages au Mexique », souligne-t-il La question du remboursement par les agences de voyages des séjours dans les régions touchées est actuellement étudiée, a-t-il précisé lors d´un point presse. En ce qui concerne les rapatriements sanitaires de Français vivant au Mexique, « il n´est vraisemblablement pas envisagé de rapatrier des personnes malades, afin de limiter les risques de propagation du virus », estime le Pr Houssin. En revanche, il serait « souhaitable de laisser dès maintenant les personnes non infectées revenir en France. »
Les patients revenant d´un voyage au Mexique ou dans le sud des Etats-Unis sont incités à contacter leur médecin traitant ou le centre 15. La DGS a fait parvenir des messages à destination des libéraux pour expliciter la procédure à suivre pour les cas suspects. « S´ils l´estiment nécessaire, ils peuvent réaliser des prélèvements nasopharyngés mais la prise en charge de ces patients passe, pour l´instant, par l´hôpital », indique le Dr Françoise Weber, directrice générale de l´InVS. « L´objectif est de limiter les risques et les conséquences d´une pandémie. Des contacts sont actuellement pris avec les médecins hospitaliers et libéraux, qui sont des acteurs vitaux dans cette lutte et dont la protection sanitaire est très importante. »
Les membres du réseau des Grog impliqués dans le Comité de lutte contre la grippe ont également été sollicités dès le week-end et réfléchissent à la façon de renforcer la vigilance autour des virus grippaux circulant en France. « Le Mexique a été surpris par la soudaineté et l´ampleur de l´épidémie ; en France, nous sommes bien préparés et nous n´aurons pas l´effet de surprise. Nous avons le temps nécessaire pour agir », conclut le Pr. Houssin.