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"Lorsqu'on attend après son voisin pour dîner, on dîne bien tard" proverbe québécois que l'on peut traduire par "on n'est jamais mieux servi que par soi-même"
Pour combattre la fatigue qui l'envahissait, un infirmier auxiliaire s'est mis à consommer les restes de morphine qu'il administrait aux patients de l'Hôpital du Lakeshore, à Montréal. Son petit
manège a été mis au jour après qu'on eut découvert une ampoule vide dans les toilettes.
Tout a commencé au début de 2007. À l'époque, Patrick Therrien travaillait plusieurs heures à l'urgence, ne dormant souvent que quatre heures par nuit. Il allait même jusqu'à ne pas dormir du tout pour faire des heures supplémentaires. Dans son témoignage devant le conseil de discipline de son ordre professionnel, il a dit avoir tenté de rester éveillé avec des moyens naturels.
Puis, il a essayé la morphine, dont les résidus de fioles sont normalement jetés. À sa grande surprise, cela lui permettait de rester éveillé sans lui enlever son efficacité auprès des patients.
Fiole dans les toilettes
À au moins une dizaine de reprises, il a répété son manège jusqu'au mois de mars. De plus en plus accro, il est allé jusqu'à prétendre qu'il avait donné une dose à une mauvaise patiente. Or, la dose en question, il l'a utilisée pour sa consommation personnelle.
C'est à ce moment qu'il a laissé traîner la fiole dans une salle de bain de l'établissement. La direction en a été informée et il a démissionné le jour même.
«Il avoue être rempli de honte, de culpabilité, de ressentiment envers lui-même, et il déclare regretter profondément les gestes posés», peut-on lire dans la décision obtenue par Le Journal.
Même s'il jure n'avoir touché à aucune drogue depuis, l'Ordre a jugé qu'il fallait faire preuve de fermeté à son endroit. «Il n'en demeure pas moins que l'intimé a fait courir des risques inacceptables (aux patients) en dépit du fait qu'il prétend n'avoir brimé en rien leur santé ou leurs soins», soutiennent les membres du conseil.
Pour cette raison, ils ont décidé de le radier pour une période de 12 mois.
Ce n'est pas la première fois que des membres du personnel d'un hôpital s'approprient ainsi des drogues. Bon an, mal an, on estime que le tiers des plaintes de l'Ordre des infirmières du Québec concerne le vol de médicaments et de narcotiques.